Prix Day-ahead
L’été 2026 a confirmé ce que la montée en puissance du solaire rendait prévisible : le marché belge est devenu structurellement arbitrable. De juin à août, le creux de midi est passé sous les prix de nuit 99 % des jours, et autour du pic solaire les prix sont descendus près de zéro dans une large part des quarts d’heure.
L’écart pic creux a atteint 171 €/MWh en moyenne, contre 115 €/MWh en 2024 et 131 €/MWh en 2025, soit près de 50 % d’augmentation en deux ans. L’énergie n’a jamais été aussi bon marché à midi, et la valeur de la flexibilité jamais aussi élevée.
Les sites combinant solaire sur site, stockage et pilotage ont transformé cet écart en avantage compétitif, avec des diminutions de coûts importants sur plusieurs dizaines de GWh de consommation annuelle. C’est la logique qu’EDP déploie chez ses clients industriels, illustrée à l’échelle de la chaleur par le projet Paper Prime au Portugal.
Ce que l’automne redistribue
La production solaire recule, la courbe se resserre et les pointes du matin et du soir reprennent de la valeur. Pour les sites équipés en solaire et stockage, la bascule n’est pas une mauvaise nouvelle : elle redistribue simplement la valeur sur d’autres heures.
Ce que la norme énergétique change
La norme énergétique prévoit une réduction des tarifs de transport pour les gros consommateurs, ainsi qu'une baisse générale des droits d'accise sur l'électricité. Une partie de la facture réglementée est ainsi réduite. Il reste le prix de l'énergie, qui continue de varier d'heure en heure et sur lequel le site conserve le plus grand contrôle.
Ce que cela change pour le pilotage
En été, un EMS calait les consommations décalables sur les creux solaires. En hiver, il écrête les pointes du soir et pilote le stockage sur les deux pointes de la journée. Les leviers sont dans les process : fours, compresseurs, broyage, froid, stockage de produits intermédiaires. Un EMS ne change pas le process, il choisit le moment où il tourne.
Au-delà de l’électricité
À partir de vos données horaires, nous calculons ce qu’un pilotage aurait fait économiser cet été et ce qu’il peut capter cet hiver, sur vos consommations électriques flexibles comme sur la part de vos besoins de chaleur électrifiable.
Notre démarche
À partir de vos données horaires, nous calculons ce qu’un pilotage aurait fait économiser cet été et ce qu’il peut capter cet hiver, sur vos consommations électriques flexibles comme sur la part de vos besoins de chaleur électrifiable.
Marché des déséquilibres
Flexibilité industrielle : ce que l’imbalance belge a montré cet été, et ce qui change cet hiver
Les prix de déséquilibre publiés par Elia reflètent, quart d’heure par quart d’heure, l’état réel du réseau belge. Pour un grand site industriel, ils indiquent à quel moment sa flexibilité a le plus de valeur.
Ce que l’été a montré
Pendant les mois les plus ensoleillés, les prix de déséquilibre sont régulièrement passés sous zéro, parce que le solaire belge produit désormais, à certaines heures, plus que ce que le réseau peut absorber immédiatement. Ces fenêtres sont rémunérées : le réseau a besoin que quelqu’un consomme ou stocke, et il paye pour. Les sites équipés en stockage ont transformé ces signaux en gains directs.
Ce que l’automne et l’hiver annoncent
Avec le recul du temps d’ensoleillement, les prix négatifs se raréfient et les tensions à la hausse reviennent, surtout les matins froids et les soirs de forte demande. En hiver, la flexibilité rapporte quand un site peut réduire sa consommation, ou injecter, au moment où le réseau en manque. Ces moments ne se prévoient pas à l’avance, d’où l’intérêt d’un pilotage automatisé.
À l’occasion de la mise en place de la norme énergétique, la fédération des entreprises belges souligne qu’il sera nécessaire de combiner le développement du réseau, la flexibilité et une meilleure gestion des raccordements afin de maîtriser les coûts d’une économie de plus en plus électrifiée. À notre avis, les grands consommateurs sont en première ligne : c’est chez eux que réside le plus grand potentiel de flexibilité.
Ce que cela signifie pour votre entreprise
La flexibilité se trouve d’abord dans les process : une charge interruptible, ralentissable ou décalable de quelques quarts d’heure sans toucher à la production finale. Un stockage de plusieurs MWh ajoute un levier et un EMS connecté aux signaux d’Elia adapte sa stratégie à la saison avec les mêmes équipements.
Les sites qui produisent de la chaleur ont un levier de plus : une chaudière électrique à côté de la chaudière gaz permet de consommer davantage d’électricité quand les prix sont bas et de repasser au gaz quand le réseau est tendu. C’est la logique hybride que nous développons dans notre analyse du projet Paper Prime, transposable aux sites industriels belges, luxembourgeois et français.
Notre démarche
Sur vos données réelles de consommation et de production, nous simulons ce qu’un pilotage dynamique aurait rapporté cet été et ce qu’il peut capter cet hiver, pour arbitrer entre flexibilité de process, stockage et électrification d’une partie de la chaleur.
